• Un « chant d’espérance » pour l’homélie de Jean d’Ormesson

    JEAN D'ORMESSON

    Vendredi 8 décembre 2017, le père Matthieu Rougé, curé de Saint-Ferdinand des Ternes, a célébré une messe en la chapelle Saint-Louis des Invalides à Paris juste après un hommage national. Le père Rougé évoque dans son homélie « l’action de grâce » à la manière de Jean d’Ormesson : l’ « émerveillement devant la beauté du monde ». Une vie en quête de la vérité pour l’écrivain qui a récemment participé à l’écriture d’un Chemin de Croix notamment de la douzième station, la mort de Jésus : « Nous vivons avec Lui, nous tombons trois fois, et mille fois, avec Lui ».

    Il y a quelques jours, il m’a été donné de célébrer les obsèques d’une belle-sœur de celui qui nous réunit ce matin. Au début de la liturgie, Jean d’Ormesson a pris la parole de façon bouleversante. Avec des sanglots dans la voix, en évoquant les joies de la vie bien sûr (la Corse, les voyages, l’élégance…) et puis sur le ton de la prière : « Seigneur, accueille-la dans ta lumière, dans ta paix, dans ta gloire ».

    Ce matin, il y a des sanglots dans nos voix et dans nos cœurs, comme dans le cœur de tant de Français pour qui, grâce au Duc de Plessis-Vaudreuil et au vieux château de Saint-Fargeau, grâce à « Apostrophes » et à la télévision, grâce au « chant d’espérance » qui retentit par chacune de ses œuvres, Jean d’Ormesson était devenu comme un père, un frère, un ami. Il y a des sanglots dans nos cœurs – Jésus lui-même a pleuré son ami Lazare – mais il y a aussi, grâce à Jean d’Ormesson, davantage d’amour de la vie, davantage d’émerveillement devant la beauté du monde et du cœur humain, ce que les chrétiens nomment « l’action de grâce » et dont saint Paul fait l’attitude spirituelle par excellence. Il y a les sanglots, il y a l’action de grâce et il y a la prière, pour que Dieu, dont le plaisir est de pardonner, purifie Jean d’Ormesson de tout ce qui en lui a besoin de l’être et achève d’illuminer son beau regard par la splendeur de sa lumière.

    Toute vie humaine constitue comme un « itinéraire de Paris à Jérusalem » pour reprendre le titre de Chateaubriand dont Jean d’Ormesson a si souvent et si bien parlé : un itinéraire du Paris de la culture, de l’élégance et des lumières terrestres vers la Jérusalem céleste, la Jérusalem de joie et de paix évoquée par le Psaume 121, la Jérusalem d’éternité où s’éclaire enfin le mystère du temps sur lequel Jean d’Ormesson s’est tant interrogé. Toute l’existence humaine est comme saisie dans l’appel de Jésus devant le tombeau de Lazare : « Lazare, viens dehors ! ». En dépit des apparences, le Christ ne nous accompagne pas du berceau au cimetière mais nous appelle à sortir progressivement des tombeaux de nos peurs, de nos étroitesses, de nos certitudes trop faciles pour entrer dans la plénitude de sa vie. De L’amour est un plaisir en 1956 au Guide des égarés, il y a quelques mois, Jean d’Ormesson a parcouru, à sa manière, cet itinéraire d’approfondissement et de dilatation intérieure : la marche de son existence, comme celle du « juif errant » de son roman, va pouvoir maintenant s’achever dans « un hosanna sans fin ».

    Il y a quelques années, Jean d’Ormesson avait accepté de participer à la rédaction d’un Chemin de Croix, avec certains de ses confrères de l’Académie, comme Pierre Messmer, Maurice Druon, Alain Decaux, Max Gallo, Pierre-Jean Rémy et le Cardinal Lustiger, pour ne citer que ceux qui l’ont précédé dans la Maison du Père. Le commentaire de Jean d’Ormesson à la douzième station, la mort de Jésus sur la croix, prend aujourd’hui une force singulière, la force d’un ultime « chant d’espérance » : « Il n’y a qu’une Révolution dans toute l’histoire de l’humanité : c’est la mort de Jésus sur la Croix. Le chemin de croix est l’image de notre condition. En dépit de tous les bonheurs et de tous les plaisirs passagers qui suffisent à nous faire aimer la vie, nous ne naissons que pour mourir. A travers son chemin de Croix, notre Dieu nous montre la voie sous les traits de son Fils qui se confond avec Lui. Nous vivons avec Lui, nous tombons trois fois, et mille fois, avec Lui, nous sommes soutenus avec Lui par sa Mère, qui est aussi la nôtre, par Véronique, par Simon de Cyrène, nous mourrons avec Lui. Et nous entrons avec Lui dans la Vie éternelle ».

    Père Matthieu Rougé

    «L'éternité, c'est ce qu'il y a de plus fragile, c'est du papier. Qu'est-ce qui reste de tout le passé ? Non pas les idées, parce qu'elles s'envolent, mais des mots écrits.»  Jean d'Ormesson (1925-2017) Entretien avec Bernard Pivot - Juin 1978 #RIPJeanD’Ormesson

    Citation  www.citation-du-j

     

    Je ne le connaissais pas tant que ça mais chaque fois que je l'écoutais il me donnait envie de vivre LA VIE.

    Oui, faire ce qu'il faut être fait sans regret.

    Je vois depuis peu combien j'ai vécu dans les autres et pour les autres. Tellement que j'ai porté leur poids jusqu'à en avoir très mal. Je le vivais comme quelque chose de naturelle et de nécessaire. Dans mon enfance on m'avait bien abreuvé au besoin de la souffrance. C'est vrai, le Christ est mort sur une croix pour nous sauver. Mais c'était la façon de donner la mort dans son époque. On l'a encore vu dans les supplices des chrétiens en Syrie crucifiés.

    Jamais Jésus a dit qu'il fallait souffrir. Il a souffert de la peur dans le jardin de Gethsémané. Jésus à fait que des gestes de VIE. Et ce qu'il a donné a été gratuitement. Je suis contre ce que l'on fait de faire donner "une offrande" pour dire une messe en souvenir d'un défunt.

    Alors je commence, me semble-t-il a vivre pour la première fois ma vie. C'est peut-être tard mais je me dis que cela est bon tout de même de l'avoir expérimenté ce désir de me nettoyer de tout ce poids. Je ne deviens pas quelqu'un d'autre, je reste la même personne mais je prend une ligne différente de la vie...pour VIVRE car c'est cela l'important. Si Dieu m'a donné cette VIE c'est pour la VIVRE pleinement. D'une autre façon sans doute ...  je veux dire Merci à Dieu de m'avoir donné cette vie et je veux redire avec Jean d'Ormesson  que LA VIE EST BELLE       

    La photographe russe Elena Shumilova est douée avec son objectif. Elle sait sublimer la vie à la ferme de ses enfants à travers des photos magiques.

     

    « L’humanisme, ce n’est pas dire : “ce que j’ai fait, aucun animal ne l’aurait fait”, c’est dire : “Nous avons refusé ce que voulait en nous la bête, et nous voulons retrouver l’homme partout où nous avons trouvé ce qui l’écrase.” Sans doute, pour un croyant, ce long dialogue des métamorphoses et des résurrections s’unit-il en une voix divine, car l’homme ne devient homme que dans la poursuite de sa part la plus haute ; mais il est beau que l’animal qui sait qu’il doit mourir arrache à l’ironie des nébuleuses le chant des constellations, et qu’il le lance au hasard des siècles, auxquels il imposera des paroles inconnues. Dans le soir où dessine encore Rembrandt, toutes les Ombres illustres, et celles des dessinateurs des cavernes, suivent du regard la main hésitante qui prépare leur nouvelle survie ou leur nouveau sommeil.... Et cette main, dont les millénaires accompagnent le tremblement dans le crépuscule, tremble d’une des formes les plus secrètes, et les plus hautes, de la force et de l’honneur d’être homme. »

    A.Malraux
     
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  • Commentaires

    5
    Lundi 11 Juin à 10:44

    En vérité, je dois dire que dans ma jeunesse, je ne l'aimais pas. Puis, années après années, je l'ai de plus en plus apprécié et admiré, et j'ai fini par l'aimer. Johnny ne m'en voudra pas... J'ai eu plus de larmes pour Jean d'O que pour la star de la chanson. Merci, chère Nani, pour cet hommage à ce grand homme comme dit la gentille Dom. Merci aussi pour ma soeurette. Oui, sur la photo, c'est notre maman et notre grand mère maternelle.

    Bisous. Hugues

    4
    Lundi 11 Juin à 10:33

    Création du jour

    Bonjour Ana, merci pour ce bel hommage rendu à Jean d'Ormesson, c'était un grand Monsieur..

    Le temps est à la pluie et cela va durer toute la semaine.

    Bonne journée, gros bisous, caresses à Titi

    3
    Lundi 11 Juin à 08:49

    coucou ana

    Jean d'O, interessant, pas ennuyeux, passionnant, modeste clair érudit pour résumer un homme qui, fait du bien par sa parole, et comme dit Dom un grand monsieur qui va nous manquer.

    Bonne journée avec Titi

    Image associée

    Gros bisous

    Marie

     

    2
    Lundi 11 Juin à 08:38

    J'aime bien Jean d'Ormesson, il est toujours présent pour moi tant par son sourire que dans sa façon d'appréhender la vie, il a marqué son siècle par son amour de la vie et son respect du vivant.

    Je te souhaite une belle journée

    Amicalement

    Claude

    1
    Lundi 11 Juin à 05:59

    Jean d'O, pour les intimes : un Grand Monsieur.

    Bon début de semaine.
    Encore prévue avec un temps pourri ...
    J'entends déjà l'orage qui gronde !
    Bisoux fatigués.

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