• Âme où rien n'est impur !

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    Lorsque l'enfant paraît

    Poète : Victor Hugo (1802-1885)

    Recueil : Les feuilles d'automne (1831).

     Le toit s'égaie et rit.
     ANDRÉ CHÉNIER.


    Lorsque l'enfant paraît, le cercle de famille
    Applaudit à grands cris.
    Son doux regard qui brille
    Fait briller tous les yeux,
    Et les plus tristes fronts, les plus souillés peut-être,
    Se dérident soudain à voir l'enfant paraître,
    Innocent et joyeux.

    Soit que juin ait verdi mon seuil, ou que novembre
    Fasse autour d'un grand feu vacillant dans la chambre
    Les chaises se toucher,
    Quand l'enfant vient, la joie arrive et nous éclaire.
    On rit, on se récrie, on l'appelle, et sa mère
    Tremble à le voir marcher.

    Quelquefois nous parlons, en remuant la flamme,
    De patrie et de Dieu, des poètes, de l'âme
    Qui s'élève en priant ;
    L'enfant paraît, adieu le ciel et la patrie
    Et les poètes saints ! la grave causerie
    S'arrête en souriant.

    La nuit, quand l'homme dort, quand l'esprit rêve, à l'heure
    Où l'on entend gémir, comme une voix qui pleure,
    L'onde entre les roseaux,
    Si l'aube tout à coup là-bas luit comme un phare,
    Sa clarté dans les champs éveille une fanfare
    De cloches et d'oiseaux.

    Enfant, vous êtes l'aube et mon âme est la plaine
    Qui des plus douces fleurs embaume son haleine
    Quand vous la respirez ;
    Mon âme est la forêt dont les sombres ramures
    S'emplissent pour vous seul de suaves murmures
    Et de rayons dorés !

    Car vos beaux yeux sont pleins de douceurs infinies,
    Car vos petites mains, joyeuses et bénies,
    N'ont point mal fait encor ;
    Jamais vos jeunes pas n'ont touché notre fange,
    Tête sacrée ! enfant aux cheveux blonds ! bel ange
    À l'auréole d'or !

    Vous êtes parmi nous la colombe de l'arche.
    Vos pieds tendres et purs n'ont point l'âge où l'on marche.
    Vos ailes sont d'azur.
    Sans le comprendre encor vous regardez le monde.
    Double virginité ! corps où rien n'est immonde,
    Âme où rien n'est impur !

    Il est si beau, l'enfant, avec son doux sourire,
    Sa douce bonne foi, sa voix qui veut tout dire,
    Ses pleurs vite apaisés,
    Laissant errer sa vue étonnée et ravie,
    Offrant de toutes parts sa jeune âme à la vie
    Et sa bouche aux baisers !

    Seigneur ! préservez-moi, préservez ceux que j'aime,
    Frères, parents, amis, et mes ennemis même
    Dans le mal triomphants,
    De jamais voir, Seigneur ! l'été sans fleurs vermeilles,
    La cage sans oiseaux, la ruche sans abeilles,
    La maison sans enfants !

     Mai 1830.


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    Double virginité ! corps où rien n'est immonde

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  • Commentaires

    10
    Mercredi 21 Septembre 2016 à 09:58

    Bonjour ANA, que deviens-tu ?...

    Bon mercredi, gros bisous

    9
    Mardi 20 Septembre 2016 à 09:50

    Bonjour Ana, un petit mot de toi serait le bienvenu...

    Bon mardi, bons baisers

    8
    Mardi 20 Septembre 2016 à 07:08

    Bonjour ma petite Nani

    J'espère que tu vas bien, prends bien soin de toi et de titi

    Passe une belle journée

    Amicalement

    Claude

    7
    Lundi 19 Septembre 2016 à 09:58

    La pensée du jour : Comment prier

    Bonjour Ana, j'espère que tu vas bien..

    Bon début de semaine.

    Gros bisous, caresses à Titi

    6
    Dimanche 18 Septembre 2016 à 10:37

    Bonjour Ana, bonne journée, gros bisous

    5
    Samedi 17 Septembre 2016 à 10:08

    Bonjour Ana, c'est très beau... L'enfant est innocent ..

    Si les adultes avaient la bonne idée de garder les pensées d'un enfant le monde serait meilleur...Il n'y aurait plus de haine, donc plus de guerre... 

    Bonne journée, bons baisers

    4
    Samedi 17 Septembre 2016 à 06:54

    Quand l'enfant nous regarde, on sent Dieu nous sonder ; 
    Quand il pleure, j'entends le tonnerre gronder, 
    Car penser c'est entendre, et le visionnaire 
    Est souvent averti par un vague tonnerre. 
    Quand ce petit être, humble et pliant les genoux, 
    Attache doucement sa prunelle sur nous, 
    Je ne sais pas pourquoi je tremble ; quand cette âme, 
    Qui n'est pas homme encore et n'est pas encor femme, 
    En qui rien ne s'admire et rien ne se repent, 
    Sans sexe, sans passé derrière elle rampant, 
    Verse, à travers les cils de sa rose paupière, 
    Sa clarté, dans laquelle on sent de la prière, 
    Sur nous les combattants, les vaincus, les vainqueurs ; 
    Quand cet arrivant semble interroger nos coeurs, 
    Quand cet ignorant, plein d'un jour que rien n'efface, 
    A l'air de regarder notre science en face, 
    Et jette, dans cette ombre où passe Adam banni, 
    On ne sait quel rayon de rêve et d'infini, 
    Ses blonds cheveux lui font au front une auréole. 
    Comme on sent qu'il était hier l'esprit qui vole ! 
    Comme on sent manquer l'aile à ce petit pied blanc ! 
    Oh ! comme c'est débile et frêle et chancelant 
    Comme on devine, aux cris de cette bouche, un songe 
    De paradis qui jusqu'en enfer se prolonge 
    Et que le doux enfant ne veut pas voir finir ! 
    L'homme, ayant un passé, craint pour cet avenir. 
    Que la vie apparaît fatale ! Comme on pense 
    A tant de peine avec si peu de récompense ! 
    Oh ! comme on s'attendrit sur ce nouveau venu ! 
    Lui cependant, qu'est-il, ô vivants ? l'inconnu. 
    Qu'a-t-il en lui ? l'énigme. Et que porte-t-il ? l'âme. 
    Il vit à peine ; il est si chétif qu'il réclame 
    Du brin d'herbe ondoyant aux vents un point d'appui. 
    Parfois, lorsqu'il se tait, on le croit presque enfui, 
    Car on a peur que tout ici-bas ne le blesse. 
    Lui, que fait-il ? Il rit. Fait d'ombre et de faiblesse 
    Et de tout ce qui tremble, il ne craint rien. Il est 
    Parmi nous le seul être encor vierge et complet ; 
    L'ange devient enfant lorsqu'il se rapetisse. 
    Si toute pureté contient toute justice, 
    On ne rencontre plus l'enfant sans quelque effroi ; 
    On sent qu'on est devant un plus juste que soi ; 
    C'est l'atome, le nain souriant, le pygmée ; 
    Et, quand il passe, honneur, gloire, éclat, renommée, 
    Méditent ; on se dit tout bas : Si je priais ? 
    On rêve ; et les plus grands sont les plus inquiets ; 
    Sa haute exception dans notre obscure sphère, 
    C'est que, n'ayant rien fait, lui seul n'a pu mal faire ; 
    Le monde est un mystère inondé de clarté, 
    L'enfant est sous l'énigme adorable abrité ; 
    Toutes les vérités couronnent condensées 
    Ce doux front qui n'a pas encore de pensées ; 
    On comprend que l'enfant, ange de nos douleurs, 
    Si petit ici-bas, doit être grand ailleurs. 
    Il se traîne, il trébuche ; il n'a dans l'attitude, 
    Dans la voix, dans le geste aucune certitude ; 
    Un souffle à qui la fleur résiste fait ployer 
    Cet être à qui fait peur le grillon du foyer ; 
    L'oeil hésite pendant que la lèvre bégaie ; 
    Dans ce naïf regard que l'ignorance égaie, 
    L'étonnement avec la grâce se confond, 
    Et l'immense lueur étoilée est au fond.

    On dirait, tant l'enfance a le reflet du temple, 
    Que la lumière, chose étrange, nous contemple ; 
    Toute la profondeur du ciel est dans cet oeil. 
    Dans cette pureté sans trouble et sans orgueil 
    Se révèle on ne sait quelle auguste présence ; 
    Et la vertu ne craint qu'un juge : l'innocence.

    Juin 1874.

     

    Victor Hugo.

     

    Bisous

    Marie

      • Mercredi 21 Septembre 2016 à 20:00

        Marie ce poéme m'a touché profondement Merci infiniment.

        Bisous nani

    3
    Samedi 17 Septembre 2016 à 06:48

    Les enfants sont les lumières du monde, ils éclairent la route qui conduit à la paix. Ce que les hommes n'ont jamais compris, c'est que l'on nait enfant et que l'on ne devrait jamais quitté le monde de l'enfance pour vivre dans l'innocence.

    L'adulte qui oublie son enfance perd la mémoire de ces rêves

    Amicalement

    Claude

    2
    Samedi 17 Septembre 2016 à 00:37
    Coucou Nani, C’est sûrement la dernière fois que j’écris avant de partir à Berlin. Les enfants de Poitiers viennent ce weekend nous rapporter la voiture, qu’on leur a prêtée et ils ont la chance d’avoir trouvé une espace (7 sièges pour eux 6 et un éventuel passager en plus) qui leur convient à Amboise c’est à 25mn de chez nous. Car notre Picasso nous est indispensable pour aller à Orly, ma 106 ne peut convenir que pour des trajets courts. Lundi soir nous avons une dernière réunion qui se finira un peu tard et moi je serai à fond dans les bagages et les lessives de dernière minute. Bon début d’automne et gros bisous. Sylvie qui a de l'affection pour toi.
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