• "Quelqu'un en moi plus moi-même que moi."

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    « Vite, apportez le plus beau vêtement pour l'habiller »

     Le fils revient chez son père et s'écrie : « Père, j'ai péché contre le ciel et contre toi. Je ne mérite plus d'être appelé ton fils, traite-moi comme un de tes salariés »... Mais le père accourut, et accourut de loin. « Alors que nous étions encore pécheurs, le Christ est mort pour nous. » (Rm 5,8) Le père accourut... dans la personne du Fils, quand par lui, il est descendu du ciel et venu sur terre. « Le Père qui m'a envoyé est avec moi » dit-il dans l'Évangile (cf. Jn 16,32). Il se jeta à son cou : il s'est jeté jusqu'à nous quand par le Christ, toute sa divinité est descendue du ciel et s'est installée dans notre chair. Et il l'embrassa. Quand ? Quand « la compassion et la vérité se sont rencontrées ; la justice et la paix se sont embrassées » (Ps 84,11).

          Il lui fit donner une robe de fête : celle qu'Adam a perdue, la gloire éternelle de l'immortalité. Il lui passa un anneau au doigt : l'anneau de l'honneur, son titre de liberté, le gage particulier de l'esprit, le signe de la foi, les arrhes des noces célestes. Écoute l'apôtre Paul : « Je vous ai fiancés à un époux unique, pour vous présenter au Christ comme une vierge pure » (2Co 11,2). Et il lui fit mettre des chaussures aux pieds : pour que nos pieds soient chaussés quand nous annonçons la bonne nouvelle de l'Évangile, pour que soient bénis « les pieds de ceux qui annoncent une bonne nouvelle de paix » (Is 52,7; Rm 10,15).

          Et il fit tuer pour lui le veau gras... Le veau est tué sur l'ordre du père parce que le Christ, Dieu, Fils de Dieu, ne pouvait pas être tué sans le vouloir du Père ; écoute encore l'apôtre Paul : « Il n'a pas épargné son propre Fils mais l'a livré pour nous tous » (Rm 8,32).

     

    Peinture de Rembrandt , Le Retour de l'enfant prodigue (1667-1668)

     

    Mais qui est le fils prodigue ?

    C'est celui qui s'est égarée...

    qui s'est perdu...

    qui a fait fausse route,

    qui s'est trompé,

    Je crois que chacun de nous, en tout cas moi,

     bien sûr ! je me suis égaré, trompé de chemin.

    Mais en tout cas, le père est toujours là qui

    épie le chemin. C'est chose sûre.

    Un père ou une mère 

    sur cette terre, peut fermer la porte.

    Peut ne pas vouloir nous reconnaître.

    Je ne condamne personne. Humainement

    nous sommes eveloppés de tant des circonstances.

    Je ne dis pas atténuantes, lorsque une jeune fille

    se trouve enceinte dans la rue.

    Je n'ai pas été accueillie lors de ma naissance.

    Mais dans quelle situation se trouvait la jeune fille

    qui me portait ?

    En tout cas, cet évangile de l'enfant prodigue,

     nous montre un chemin de retour.

     

    Explication du tableau par Rembrandt

     

     

    Des proportions imposantes (2,62 m de haut, 2,05 m de large), une dimension intérieure qui révèle ce "quelqu'un en moi plus moi-même que moi.", selon l'expression de saint Augustin. Car ce que révèle ce tableau, ce n'est ni l'art, pourtant à son sommet de l'artiste, ni même l'artiste, qui s'est si souvent peint dans ses oeuvres, mais quelque chose d'autre, qui échappe à l'analyse et qui parle au coeur.

    Ils sont deux. Deux, le chiffre magique du tableau : deux hommes, le père et le fils ; deux mains, celles du père ; deux pieds, ceux du fils. Bien sûr, plus de la moitié de la toile est emplie de trois autres hommes, figures inutiles, qui ne sont là que pour accentuer l'intensité de la rencontre du père et du fils, de ces deux figures qui ne se regardent pas et dont les corps seuls se rencontrent.

    ( I ) PSC : Petit Sourire en Coin, cher à "l'escrutateur". ( II ) Superbe tableau de Salvator Dali. ( III ) Rembrandt : le retour du fils prodigue. ( IV ) Même tableau : détail. ( V ) Dessin très simple, inspiré sans doute de Rembrandt - et pas l'inverse. Un beau symbole du vrai Christ, par delà nos petites, et bien innocentes ( du moins celle du jour ) plaisanteries.  -

    Le fils, jeune encore, à la nuque rasée de bagnard, est lové au sein du père. Le père, tout voûté de tendresse, est penché sur ce fils à genoux, qu'il a cru perdu. Son vêtement ample et pourpre enceloppe le pauvre en haillons. Le père retient des deux mains le corps brisé de ce fils : la main gauche, puissante, protectrice, paternelle ; la main droite, longue, caressante, maternelle. Tout le corps du père semble s'être creusé dans l'attente, s'être usé de patience, et enfin, il tient dans ses bras cet homme éprouvé par une si longue errance. Le père l'a si longtemps attendu, le fils a si longtemps marché ! Ses chaussures n'ont pas résisté à la brûlure du chemin, il en a les talons meurtris. Il revient de si loin.

     

    Il avait demandé sa part d'héritage à son père, raconte Jésus dans l'Evangile selon saint Luc, et il était parti dans un pays étranger, où il avait dilapidé son argent dans une vie de désordre. Ruiné, abandonné par ses amis, il avait dû garder des porcs, pour gagner le droit de manger plus mal qu'eux. Alors, "rentrant en lui-même, il se dit, combien d'ouvriers de mon père ont du pain en abondance, tandis que moi, ici, je meurs de faim ! Je vais aller vers mon père, et je lui dirai : "Père, j'ai péché contre le ciel et contre toi, je ne mérite plus d'être appelé ton fils. traite moi comme un de tes ouvriers".

    C'est cet homme qui revient comme un esclave, qui est accueilli en fils : "Comme il était encore loin, le père l'aperçut et fut pris de pitié. Il courut se jeter à son cou." Et le père dit à ses serviteurs : "Mon fils que voici était mort et il est revenu à la vie, il était perdu et il est retrouvé."

    Le fils revenait comme un vaincu, "Père, j'ai péché contre le ciel et contre toi, je ne mérite plus d'être appelé ton fils", et c'est en fils qu'il renaît dans les bras du père. Ce retour est une nouvelle naissance. La tête de l'enfant s'appuie sur les entrailles du père qui lui rend la vie. Le vieil homme épuisé d'amour est tout à la fois la mère qui donne la vie, et le père qui nomme l'enfant "fils". Tout l'art du peintre devant le mystère de tendresse et de miséricorde qui s'accomplit.

    Fallait-il que Rembrandt confessât par les mots ce que sa peinture donne si bien à voir ? Le sage Nicodème avait interrogé Jésus : "Comment un homme peut-il naître étant déjà vieux ? Peut-il une seconde fois entrer dans le sein de sa mère et naître ?"

    Plus de mille six cents ans plus tard, au soir de sa vie, le vieux peintre hollandais offre une réponse lumineuse. Pourquoi demander à l'artiste des raisons, quand son oeuvre parle pour lui ?" (Le Livre des Merveilles, MAME, Plon)

     

    Rembrandt (15 juillet 1606 - 4 octobre 1669), est généralement considéré comme l'un des plus grands peintres de l'histoire de l'art baroque européen, et l'un des plus importants peintres de l'École hollandaise du XVIIème siècle.

     

     

     

     

     

    Merci Monsieur Rembrandt

     

     

     

    « Vite, apportez le plus beau vêtement pour l'habiller »

     

    COMME LA TENDRESSE D'UNE MERE

     

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  • Commentaires

    8
    Mercredi 14 Septembre 2016 à 10:19

    Bonjour Ana, en attendant un nouvel article, je te fais de gros bisous

    7
    Mardi 13 Septembre 2016 à 20:33

    Bonsoir Ana j'espère que tu as passé une bonne journée...

    Bonne soirée, gros bisous

    6
    Mardi 13 Septembre 2016 à 18:14

    BONSOIR NANI !

    Je t'imagine en train de te démener auprès de ton prochain !

    Le chemin est long et pénible pour suivre Mother Thérésa, mais il vaut mieux une petite sincérité qu'une grande hypocrisie !

    Ne t'inquiètes pas, tu passes quand tu veux chez ÉRATOSTHÈNE !

    Gros Bisous NANI !

    Rémy.

    5
    Mardi 13 Septembre 2016 à 06:48

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    Bonne journée

    bisous

    Marie

    4
    Lundi 12 Septembre 2016 à 12:28

    BONJOUR NANI !

    Je ne te savais pas une âme d'analyste d'art ! Mais avec Rembrandt c'est tellement inspirant !

    La Bible dans sont contexte antique (-2000 ans) se devait d'être symbolique, toutes les allégories ou autres paraboles remplacent, en quelque sorte nos informations télévisées, qui plus est dans un micro monde au Moyen Orient.

    Il faut savoir que très peu de gens, en Palestine, ne pouvaient lire, voir même comprendre l'araméen (même les arabes parlaient l'araméen, leur langue n'existait pas). Beaucoup de ces versets étaient lu devant un groupe ou une foule et les orateurs se devaient d'être captivant, séduisant même.

    Je pense qu'à la lumière de notre niveau de culture actuel, nous pouvons sourire devant ces paraboles tout en comprenant leur contenu !

    Gros Bisous Nani !

    Rémy.

    3
    Lundi 12 Septembre 2016 à 09:51

    Bonjour Ana, merci pour ce beau texte, j'aime beaucoup la parabole du fils prodigue... Quel beau geste que celui de père qui accueille son fils à bras ouverts...

    Bonne journée chère petite amie.. 

    GROS BISOUS

    2
    Lundi 12 Septembre 2016 à 08:39

    Il n'est pas de fils prodigue, il est des enfants qui vivent leur vie et qui parfois sont obligé de revenir à la maison, et le rôle du père est de toujours leur garder la porte ouverte. Ce n'est qu'une parabole qui devait, il y a 2000 ans de cela ouvrir les cœurs et frapper les consciences

    Amicalement

    Claude

    1
    Dimanche 11 Septembre 2016 à 23:09

    Coucou Ma Nani,

    j'ai commencé ce  com à 21 h et qq et une maie a débarque' ce soir au lieu de cet après-midi et ce soir je le couche tôt ça je suis trop fatiguée.

    On a eu un longue homélie sur ce texte que j'aime beaucoup.

    Mais c'était l'anniversaire de notre fils aujourd'hui, il a eu 47 ans, voilà qui nous rajeunit. (lol)

    Donc pas besoin de m'appesantir sur ce que tu mets je suis tout à fait OK avec toi.

    Nous sommes tous le fils prodigue que le Père attend.

    Bonne et douce nuit.

    Sylvie avec toute mon affection.

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