• LA BEAUTE DU COEUR ET DE LA NATURE

     

    La conversion de Péguy

     

                En juin 1912, le fils de Péguy, Pierre, tombe gravement malade. Péguy fait un vœu et va en pèlerinage à Chartres.

     

                « Mon vieux, écrit-il à Lotte, j'ai senti que c’était grave... J'ai fait un pèlerinage à Chartres... J'ai fait 144 km en trois jours... On voit le clocher de Chartres à 17 km sur la plaine... Dès que je l'ai vu, ça a été une extase. Je ne sentais plus rien, ni la fatigue, ni mes pieds. Toutes mes impuretés sont tombées d'un seul coup, j’étais un autre homme. J'ai prié une heure dans la cathédrale le samedi soir; j'ai prié une heure le dimanche matin avant la grand-messe... J'ai prié comme je n'avais jamais prié, j'ai pu prier pour mes ennemis... Mon gosse est sauvé, je les ai donnés tous trois à Notre-Dame. Moi, je ne peux pas m’occuper de tout... Mes petits ne sont pas baptisés. A la Sainte Vierge de s'en occuper. »

     

                Désormais sa foi est assurée, mais il n'a pas pleinement retrouvé le repos. Il n'était pas marié religieusement, sa femme et ses enfants n'étaient pas baptisés, et lui-même ne s'approchait pas des sacrements et n'allait pas à la messe.

    À ses amis qui insistent pour le décider à faire un pas en avant, il confie: « Je prie sans cesse et, malgré cela, je suis horriblement mal­heureux. »

     

                Sa femme entendait ne pas se faire baptiser et refusait de le suivre dans son évolution religieuse. Or, Péguy ne veut pas se sauver seul. « Il faut se sauver ensemble, il faut arriver ensemble chez le bon Dieu. Il faut se présenter ensemble, il ne faut pas arriver à trouver le Bon Dieu les uns sans les autres. Il faudra revenir tous ensemble dans la maison de Notre Père. »

     

                Tout au long des rues de Paris, il récite des Ave Maria : « Derrière la flotte des Pater, je vois la deuxième flotte, l'innombrable flotte des Ave Maria... Et tous ces Ave Maria, et toutes ces prières de la Vierge, sont de blanches caravelles humblement couchées, sous les voiles, au ras de l'eau. »

     

                La femme de Péguy acceptera le baptême, un an après la mort de son ami Lotte. Trois semaines avant, le 19 août 1914, Péguy assiste à la messe. La veille de sa mort, le 4 septembre, il dépose des fleurs au pied d'une statue de la Vierge, dans une petite chapelle de Montmélian. Le lendemain, frappé d'une balle au front, il donne sa vie pour la France.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

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      L'offrande à la nature

       

      Nature au coeur profond sur qui les cieux reposent,
      Nul n'aura comme moi si chaudement aimé
      La lumière des jours et la douceur des choses,
      L'eau luisante et la terre où la vie a germé.

      La forêt, les étangs et les plaines fécondes
      Ont plus touché mes yeux que les regards humains,
      Je me suis appuyée à la beauté du monde
      Et j'ai tenu l'odeur des saisons dans mes mains.

      J'ai porté vos soleils ainsi qu'une couronne
      Sur mon front plein d'orgueil et de simplicité.
      Mes jeux ont égalé les travaux de l'automne
      Et j'ai pleuré d'amour aux bras de vos étés.

      Je suis venue à vous sans peur et sans prudence,
      Vous donnant ma raison pour le bien et le mal,
      Ayant pour toute joie et toute connaissance
      Votre âme impétueuse aux ruses d'animal.

      Comme une fleur ouverte où logent des abeilles
      Ma vie a répandu des parfums et des chants,
      Et mon coeur matineux est comme une corbeille
      Qui vous offre du lierre et des rameaux penchants.

      Soumise ainsi que l'onde où l'arbre se reflète
      J'ai connu les désirs qui brûlent dans vos soirs
      Et qui font naître au coeur des hommes et des bêtes
      La belle impatience et le divin vouloir.

      Je vous tiens toute vive entre mes bras, Nature,
      Ah ! faut-il que mes yeux s'emplissent d'ombre un jour
      Et que j'aille au pays sans vent et sans verdure
      Que ne visitent pas la lumière et l'amour...

       

       

       

       

      •  Image cascade - cascade, montagne, torrent, eau

       

       

       

       

      FOR YOU...

       

      DIEU LE CREA

      « CAR TU EST MON DIEU, TOI SEUL MON ROIELLE A BEAUCOUP AIMEE...ELLE SAIT »
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